Le marketing est un art, le Web 2.0 un état d'esprit.
Think with the senses, feel with the mind - Biennale di Venezia

fév
25
    
Posté sous (News) par Jean-Luc Synave

Paypal.JPG

Qui y aurait cru ?

Quand les créateurs de Paypal développèrent le célèbre système de paiement en ligne, ils visaient clairement à résoudre le problème des eBayers, c’est-à-dire de ceux qui souhaitaient payer des particuliers avec leur carte de crédit.

Devant le succès rencontré, eBay prit rapidement la décision de racheter l’opérateur privé de paiement. Bien lui en a pris car en 2006, Paypal représentait plus de 75% du mode de paiement des transactions du célèbre site d’enchères.

Les internautes plébiscitent :

  • La facilité d’utilisation, plus besoin de saisir ses identifiants à chaque paiement
  • La possibilité de recevoir des paiements sur leur compte PayPal dont les remboursements en cas de problème ou de litige
  • La garantie Paypal sur les transactions eBay

Devant le succès croissant de Paypal auprès du public, les marchands en ligne ne pouvaient rester indifférents. Et on constate, depuis quelque temps, un basculement régulier des acteurs les plus importants du e-commerce vers PayPal. En ce début d’année, deux des plus gros acteurs du commerce électronique en France viennent de basculer : CDiscount et la Fnac.

Certains objecteront que le coût des commissions de Paypal reste élevé. Il est clair que les gros acteurs du e-commerce sont également attirés par des tarifs préférentiels. On constate cependant que de nombreuses PME ont basculé, particulièrement celles présentes sur eBay.

Et Paypal n’est plus seul aujourd’hui. D’autres solutions existent.

Parmi celles-ci, on distinguera :

  • Google Chekout de la société éponyme
  • Bill Me Later qui introduit sur ce modèle le paiement différé à 90 jours ou à 6 mois

Il est clair qu’aujourd’hui les acteurs du paiement en ligne entrent de plain-pied dans un domaine jusqu’ici réservé aux acteurs de la banque et du crédit. Pour l’instant, ces derniers ont des réactions timides. On remarquera quand même l’initiative prise par Cofidis avec 1euro.com.

A suivre…

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fév
17
    
Posté sous (News) par Jean-Luc Synave

Derrière cette phrase énigmatique se cache un concept déterminant pour qui s’intéresse au commerce de détail, à la vente à distance et au e-commerce.

La_longue_traine.JPG

Chris Anderson est le rédacteur en chef du magazine Wired. Cela fait déjà plusieurs années qu’il a conceptualisé le concept de “longue traîne” appliqué à la nouvelle économie et particulièrement au commerce en ligne.

Qu’est ce que la “longue traîne” ?

Chris Anderson démontre que la distribution, dans son modèle classique de zone de chalandise et surface de vente, est à bout de souffle et que la règle des 20/80 est sérieusement remise en cause (20% des références réalisant 80% du CA).

La règle énoncée par Anderson est que 98% des références se vendront au moins une fois !

Dans son ouvrage, Anderson démontre que la courbe des ventes s’allonge de la tête de la courbe (haut lieu de la distribution traditionnelle) vers la queue de la traîne: les produits achetés par les clients sortent des traditionnels best-sellers.

La disponibilité rendue possible par l’internet se traduit par:

  • l’allongement de la courbe des ventes
  • son épaississement par le développement des niches.

Chris Anderson appuie ses démonstrations sur les acteurs du e-commerce tels que Amazon, Rhapsody, iTunes ou Netflix.

La démonstration permet d’établir que deux nouveaux types d’acteurs vont pouvoir tirer leur épingle du jeu:

  • les agrégateurs de la traîne comme Amazon, Netflix et autres eBay
  • les spécialistes de niche qui vont se positionner sur une partie de la traîne en apparaissant sur plusieurs agrégateurs

Ce livre fait vraiment date dans l’analyse du commerce et de la distribution. Dans une forme parfois répétitive, cet ouvrage vous servira sans nul doute d’ouvrage de travail à lire et à relire.

Pour aller plus loin: http://www.thelongtail.com

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jan
10
    
Posté sous (News) par Jean-Luc Synave

harry_potter.jpgC’est le montant de dommages et intérêts que le syndicat de la librairie française va percevoir d’Amazon suite à son procès qui visait le distributeur en ligne quant à l’application de la loi Lang sur le livre.

Mais quel est le débat ? Et, est-il encore de notre temps ?

Quel est ce marché si particulier qui empêche clairement la liberté des prix ? Créé avant l’internet, le marché du livre est confronté de fait à la montée en ligne des opérateurs “pure players”.

La loi Lang sur laquelle s’appuie la condamnation d’Amazon a plus de 20 ans aujourd’hui (1981). Elle avait pour objectif clair de protéger les éditeurs et les « petits libraires » des appétits des grands distributeurs …..

De facto, l’éditeur fixe le prix et les libraires et distributeurs n’ont qu’une marge de manœuvre de 5% sur ce prix de vente éditeur imposé. Ce qu’on reproche à Amazon ? C’est d’appliquer, en France, la loi Lang (soit les 5% de remise) mais de rendre également les frais de port gratuits amenant ainsi la remise (toutes valeurs confondues) au-delà des 5% légaux. Juridiquement exact. Mais au niveau des consommateurs, qu’en penser ?

La loi Lang protège qui ? Les éditeurs, certainement car ils fixent leurs marges de manière péremptoire et protégée par la loi. Les libraires… et les distributeurs ? Certainement également ! Ils sont de fait protégés par la loi Lang. Cela préserve donc des marges sympathiques pour tout le monde…

Mais les consommateurs ?

Comparons deux marchés au fonctionnement bien différent : le marché américain libre et le marché francophone réglementé. Et faisons quelques tests…

Prenons trois ouvrages comparables sur les deux marchés:


Dans les essais, j’ai pris l’ouvrage de Bernard Henri Lévy - Ame2rican Vetigo qui a eu la particularité de sortir aux USA légèrement avant sa sortie française.

  • Prix éditeur USA : $14,95
  • Prix Amazon.com : $10,17
  • Prix éditeur France : €20,90
  • Prix Amazon.fr : €19,86


Dans les sciences et techniques, j’ai choisi l’incontournable Jakob Nielsen et son dernier opus : Priorité à la simplicité

  • Prix éditeur USA : $50,00
  • Prix Amazon.com : $30,00
  • Prix éditeur France : €42,00
  • Prix Amazon.fr : €39,90

Enfin, dans les best sellers, j’ai choisi l’incontournable dernier volume Harry Potter

  • Prix éditeur USA : $34,99
  • Prix Amazon.com : $19,24
  • Prix éditeur France : €26,50
  • Prix Amazon.fr : €25,18

Je n’ose évoquer la parité euro-dollar. Si on en reste à la comparaison à parité économique qui est d’environ 20% au lieu des 45% actuel, les écarts restent édifiants :

  Editeur US Editeur FR Amazon.com Amazon.fr
American Vertigo 12,58 € 20,90 € 8,48 € 19,86 €
Priorité à la simplicité 41,67 € 42,00 € 25,00 € 39,90 €
Harry Potter 29,16 € 26,50 € 16,03 € 25,18 €

Les écarts sur prix public vont de 34 à 50% alors que les écarts sur prix éditeurs sont finalement assez faibles excepté sur American Vertigo qui est déjà assez ancien maintenant.

Mais me dira t’on : « la loi Lang » protège l’édition française, la culture française, la librairie française… Oui mais à quel prix ! Si le lecteur/client/consommateur doit payer 30 à 50% de plus le bien culturel…

Alors la loi Lang indispensable pour protéger l’édition ?

Mais regardons bien le marché US : il y a de nombreux éditeurs, de nombreux acteurs présents sur la commercialisation des ouvrages et le consommateur paie le livre à un prix furieusement plus bas…

A suivre…

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