Keemotion crée des marchés pour ses images
Cet article a été posté par Olivier De Doncker le 3 septembre 2012 à 9:27
Pour une startup, l’innovation technologique est fondamentale mais ne suffit pas. Encore faut-il que cette avancée rencontre l’adhésion d’un marché existant ou le crée de toutes pièces. Un bel exemple de cette deuxième configuration est fourni par Keemotion, jeune pousse brabançonne active dans la retransmission d’images.
Issue de recherches menées à l’Université Catholique de Louvain, la technologie de Keemotion permet de filmer un événement sportif de façon autonome, sans caméraman ni réalisateur. Le cadrage est dynamique et repère automatiquement les événements et faits de jeu, pour un résultat qui semble très professionnel. Grâce à cette économie en ressources humaines, Keemotion peut proposer la captation d’un match pour un prix cinq fois inférieur à celui d’un dispositif traditionnel de retransmission.
Et c’est ici que Keemotion fait montre d’une intelligence supplémentaire. Plutôt qu’attaquer le marché du “broacast” grand public où évoluent déjà des acteurs le liégeois EVS, ses fondateurs visent davantage des centaines de niches où l’image pourrait apporter une véritable valeur ajoutée mais ne peut être utilisée en raison de son coût habituel de production. On pense à tous les “petits” sports et aux compétition de deuxième ordre, mais aussi aux clubs sportifs qui aimeraient disposer de vidéos sur mesure pour des usages plus pointus.
Keemotion fournit ainsi en images des entraîneurs de basket qui souhaitent recevoir en temps réel les images du match en cours sur leur tablette afin que celle-ci serve de support tactique auprès des joueurs. Les Spirous de Charleroi, mais aussi les équipes de basket de Harvard et de San Antonio ont déjà adopté la technologie. Une fois que le client devient un utilisateur intensif du produit (baptisé à dessein “KeeCoach”), il y a fort à parier qu’il éprouvera des difficultés à changer de fournisseur. Pour une startup, cette dépendance est bien entendu précieuse car elle est gage de récurrence des revenus.
En somme, Keemotion entend créer son marché dans la “longue traîne” du sport professionnel. Si on ajoute que le procédé technique a été sagement breveté (un autre sérieux atout dont j’ai déjà parlé ici), tout cela est très bien vu. Reste à voir, bien entendu, la capacité des fondateurs à conquérir rapidement d’autres marchés hors de la petite zone de jeu belgo-belge.
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