Il y a quelques semaines, nous vous parlions des performances de rentabilité de l’union des deux médias Internet et radio. Car on parle encore d’addition tout en sachant qu’on s’achemine irrévocablement vers une convergence des médias. Ceci nous donne l’occasion de parler de Radionomy, jeune pousse bruxelloise qui vient d’officialiser son existence il y a quelques jours, au sommet symbolique de la tour Eiffel.
Le modèle (toujours en béta test) est 2.0 à souhait :
- Radio personnalisée avec choix de programmation parmi une large bibliothèque de morceaux musicaux, jingles et capsules d’infos diverses.
- Possibilité d’injecter ses propres compos ou podcasts (ou spots pub)
- Interaction avec l’auditeur
- Intégration dans blog ou réseaux sociaux
- Gratuité
La question qui se pose est celle du modèle économique. Bien entendu, la publicité est le moteur énergétique et sera diffusée sur chaque radio créée. Si Radionomy s’engage à ne pas dépasser les 2 minutes de spots par heure, elle ne donne cependant pas les critères de sélection de cette pub et se les réserve absolument. On peut imaginer que dans un premier temps, la pub sera exclusivement celle des annonceurs qui voudront bien mettre des billes dans le projet. Ensuite, si cela fonctionne, il est probable que le ciblage comportemental sera de mise.
A ce propos : est-ce que les PME qui souhaiteront intégrer une radio Radionomy dans leur blog ou leur espace de réseau social ne risquent-elles pas d’entendre la pub de leurs concurrents directs sur leur propre station ? Chagrinant… Surtout à l’heure où l’on annonce partout que les entreprises vont de plus en plus utiliser les outils des réseaux sociaux. Envisager quelques parapets pour éviter les dérapages ne serait peut-être pas inutile.
Mise à part cette interrogation, cet outil orienté utilisateur lambda (avec ou sans grandes ambitions) pourrait, à l’instar d’autres projets comme Zlio que nous avions déjà un peu décortiqué, se révéler être une plate-forme sur laquelle va se ruer une masse d’internautes assoiffés d’indépendance et d’envies créatives.
Il est clair qu’avec la webradio accessible, on peut augurer un revival de la vague des radios libres qu’ont connu les années 80, avec son florilège de stations hyper-locales et hyper-personnalisées ; ultra-communautaires. Bref, une longue traîne qui ne cesse de s’étirer mais avec des moyens toujours plus fun et pratiques.
Le business plan de Radionomy escompte d’ailleurs avoir ouvert 4000 radios fin 2008 ; et dix fois plus, fin 2010. Quoi qu’il en soit, le vrai défi de Radionomy sera de motiver en permanence ses utilisateurs (vedettes) afin qu’ils conservent leur enthousiasme et alimentent leur radio en contenu/programmation original(e) ; sinon Radionomy pourrait vite devenir un cimetière cacophonique de playlists oubliées.
Nota bene : Radionomy annonce que les créateurs des radios les plus populaires seront intéressés aux bénéfices de la publicité qui passera sur leur radio. Mais aucun chiffre n’est encore précisé.
Complément d’information :
Cet article (pdf) consacré à Radiology par Trends Tendance.













