Il y a peu, nous présentions l’enquête Ipsos sur l’usage convergent des médias des consommateurs français en 2007. Mais, in fine, qu’entend-on par « convergence des médias » ?
La convergence des médias, à travers la triade informatique-audiovisuel-télécoms, consiste, pour des entreprises de communications, en une stratégie de développement synergétique des divers médias que soit elles possèdent, soit en qu’elles partagent avec des partenaires. Cette stratégie repose sur trois leitmotiv :
- “la concentration d’entreprises, qui fait qu’un nombre de plus en plus réduit de grandes sociétés possède de plus en plus de médias
- la numérisation, grâce à laquelle le contenu médiatique produit dans un langage informatique universel est facilement adaptable à n’importe quel média
- la déréglementation, qui permet de plus en plus:
- aux conglomérats médiatiques de posséder plusieurs types de médias (comme des stations de radio et de télévision et des journaux) dans un même marché ;
- aux sociétés de transmission de contenu (comme les câblodistributeurs) de posséder leurs propres entreprises de production de contenu (par ex. des chaînes de télévision thématiques).
Cette stratégie permet aux sociétés :
- de réduire leurs coûts en matière de main-d’oeuvre, d’administration et de matériel,
- d’utiliser le même contenu médiatique dans plusieurs médias,
- d’attirer davantage de contrats publicitaires en présentant aux annonceurs des offres globales et une formule de « guichet unique » pour un certain nombre de plates-formes médiatiques,
- ainsi que d’accroître la reconnaissance de marques auprès des auditoires et la fidélité à ces marques grâce à la publicité et à la vente croisées.
En même temps, ce type de stratégie hausse considérablement les barrières pour les nouveaux venus cherchant à pénétrer les marchés médiatiques, ce qui limite la concurrence pour les entreprises convergentes.” (Mike GASHER)
Trois états de la convergence
On pourrait classifier trois types de convergences médiatiques : la convergence régulée, la convergence irrégulée et la convergence pirate.
La convergence pirate :
Il s’agit de l’appropriation de contenus sans autorisation afin de le diffuser de manière illégale à travers des canaux détournés. L’on pense directement aux réseaux peer-to-peer (« échange » de musiques, de films, …) mais aussi aux mélodies téléchargeables en tant que sonneries sur les gsm.
La convergence irrégulée :
Légale ou borderline, la convergence irrégulée consiste à la mise à disposition de contenus libres de droits ou considérés comme tels ou dont la diffusion non rémunérée intéresse (voire désintéresse) les producteurs. La convergence irrégulée a destin de trouver peu à peu son modèle économique tels que le conçoivent certains acteurs comme Youtube, Dailymotion, Joost, GoogleBooks et bien d’autres.
La convergence régulée :
Il s’agit du convergence orchestrée par les acteurs décrits dans la première partie de cet article, c’est-à-dire des intervenants qui peu ou prou tentent de préparer le marché du contenu multi plateforme.
Pour reprendre des exemples très concrets et proches de nous, LaPremière (première chaîne radio de la Rtbf) propose certes des podcasts de bon nombre d’émissions mais aussi des publications de papiers lus à la radio dans un blog dédié. Ou encore plus loin, citons le cas de feue l’émission de Brice Le Blevenec (cybercafé21) qui alliait télévision, radio et internet (chats, forum, …). Si cette émission existait encore aujourd’hui, quiconque pourrait la suivre sur un gsm.
Si quelqu’un connaît un exemple actuel de convergence des médias qui réunisse la triade informatique-audiovisuel-télécoms, c’est le bienvenu dans les commentaires.












