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Commerce ou e-commerce ? Cas d’étude (Episode 1)

Il y a peu, j’ai vécu une expérience d’(e)commerce déroutante dont je voudrais vous faire part en quelques épisodes. Voici donc le parcours très décortiqué d’un quidam qui achète un caméscope. Ceci devrait intéresser tous les (e)commerçants.

EPISODE 1

Mon périple commence donc par demander l’avis d’un ami professionnel de l’image-qui-bouge : «tant qu’à faire, prend une Sony avec Tri CCD et comme ils en sont encore tous à chercher quel sera le bon format, prend une mini DV ; tu passeras à autre chose plus tard».

M’en remettant à l’avis de cette personne de confiance, je tape donc « sony caméscope» dans Google. Les premiers résultats affichés sont « dell », « sony » et « pixmania ». Mon choix se porte sur le troisième : un, parce que mon expérience passée avec Dell ne m’a pas laissé des souvenirs agréables, deux parce qu’à choisir entre Sony et Pixmania, intuitivement, je me dis que Pixmania doit être plus avantageux, pour la raison simple que le core business de ce dernier, c’est l’e-commerce et pas l’autre. Par ailleurs, entre mon bureau et le snack où je vais chercher mon sandwich tous les midis, il y a, dans une rue perpendiculaire, un petit comptoir Pixmania que j’avais remarqué sans y être jamais entré.

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Sur Pixmania, j’effectue mes recherches suivant les critères « CCD » et « mini-DV ». Je tombe sur un produit qui rassemble les critères voulus et, bien entendu, dans la gamme de prix souhaitée. Petit hic : le produit est nouveau et pas d’avis de consommateurs. J’effectue une recherche sur d’autres sites d’influenceurs : rien. Je me retourne une seconde fois vers mon avis d’expert : il confirme que « ça ne peut être que bon ». Je décide donc de passer à l’achat.

Premiers constats :

  1. On voit que l’acte d’achat d’un quidam contemporain passe prioritairement par son réseau d’influence, le fameux « bouche-à-oreille ».
  2. Le bouche-à-oreille se fait aussi – et encore – sur la réputation de marque.
  3. L’intermédiaire entre la marque et le consommateur est important. Et cet intermédiaire (ici, Pixmania) lui-même capitalise sur sa marque propre.
  4. Une implantation « en dur » du commerçant est un facteur influençant. Mais pas déterminant. Car j’eus pu directement aller sur le site de la Fnac, par exemple. Ce que je n’ai pas fait, eu égard à ma conviction qu’ils ne sont pas les meilleurs marchés. Par ailleurs, je précise que je me suis préalablement rendu sur le site de Mediamarkt – réputé pour ses bons prix – mais le manque total d’infos m’a fait fuir.
  5. Nécessité d’être présent sur Internet (no comment)
  6. Nécessité d’être bien référencé sur Google (no comment)

(suite de cette passionnante aventure demain)

  • Tanguy Pay
    :arrow: Dami

    "tout cela sera assimilé à de la publicité" : c'est bien tout l'enjeu de la chose, c'est que justement tout cela ne soit pas assimilé. Les points de comparaison sont difficiles à trouver car, avec le web, nous vivons un bouleversement des rapports humains. Cependant, si je prends l'exemple de Test Achats, nous sommes devant un organisme indépendant qui évalue les produits tout en ne faisant pas partie de la chaîne de production des produits. Si l'on prend appui sur cet exemple, on peut tenter de conclure que l'enjeu des blogs d'influenceurs du futur sera de trouver un modèle économique qui préserve à la fois leur indépendance et leur subsistance. Ce pari n'est pas irréaliste. Mais on peut augurer que ce ne sera pas possible pour tous. Il y aura des blogs qui disparaîtront, d'autres qui fusionneront et d'autres qui, galvaudant leur intégrité, seront frappés par le discrédit des internautes (ce qui, au passage, n'est pas l'intérêt des marques).

    Il existe par ailleurs un autre parallèle à opérer : les chroniqueurs. Dans le monde de la presse, les journalistes vendent des chroniques, des articles, des critiques (de cinéma, de spectacles, d'automobiles, ...). Et derrière, il a des organismes de presse qui achètent ces articles. Dès lors, lorsque la presse papier sera pleinement présente sur le web, il est tout à fait envisageable d'imaginer que plutôt que d'acheter des "papiers", ces organes de presse achètent des "droits" ou louent des "droits" sur des blogs. Cela implique une évolution du métier de journaliste, du droit d'auteur et de la forme même de la presse mais tout ceci est un scénario réaliste.
  • Tanguy Pay
    "L'image est vraiment top", c'est un avis d'influenceur ça, pas d'expert :lol: :roll:
  • Bon et bien j'ai les mêmes références que toi en ce qui concerne les conseils. Je passe aussi sur des sites spécialisés (par exemple sans faire de pub, http://www.lesnumeriques.com/ pour un achat d'appareil photo reflex (que je n'ai toujours pas acheté manque de budget, je verrais ça pendant mon prochain stage). Le plus important je pense est quand même l'avis des pairs.
    Et dernièrement, il y a aussi les blogs qui pourraient influencer l'achat, c'est d'ailleurs pour cette raison que des marques font appel à des agences de marketing alternatif qui font passer un message à travers un réseau de bloggeurs influents. Pour l'instant ça passe, mais bientôt la méthode sera rodée et tout cela sera assimilé à de la publicité.
  • Je confirme: j'ai une 3CCD et l'image est vraiment top. Et hop, me voilà à mon tour expert auto-proclamé ;)
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